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Découverte

 

Les populations - L'habitat social.

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Villeurbanne-Cusset (Rhône) - Vue générale des maisons Gillet. Carte postale d'après photographie, éditions E.Andrié, AMV 2Fi129

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La croissance démographique continue pendant la deuxième moitié du XIXe siècle et la période de l’entre-deux-guerres pose la question du logement :

1851 : 5 499 habitants

1901 : 29 220 habitants

1931 : 82 038 habitants.

Il s’agit d’une population d’adultes qui arrivent pour chercher du travail dans les nombreuses usines implantées dans la commune.

En dehors des rares tentatives paternalistes du genre de celle des Gillet, la question du logement ouvrier se pose à Villeurbanne comme dans beaucoup de villes ouvrières. Le plus souvent, pour accueillir ces nouveaux arrivants, des propriétaires fonciers vendent ou louent des parcelles viabilisées ou non, sur lesquelles s’implantent des constructions très hétéroclites, faites de tôles, en attendant de pouvoir construire : cela se fait par exemple dans le quartier du Tonkin. Dans ces lotissements anarchiques, les conditions d’hygiène sont souvent mauvaises : égouts, voirie sont absents ou insuffisants.

La municipalité Villeurbannaise tenue par les socialistes, avec à sa tête des maires souvent médecins, porte un grand intérêt à la question du logement social.

Les deux ensembles rue Michel Servet et rue Pierre Cacard sont construits dans les années trente. L’ensemble de la rue Michel Servet est livré juste avant l’achèvement des travaux de l’ensemble des Gratte-ciel qu’il jouxte. Il n’est d’ailleurs pas évident aujourd’hui de distinguer l’ensemble HBM, des immeubles Gratte-ciel. L’ensemble de la rue Pierre Cacard, entre l’actuel quartier de la Perralière et le cours Émile Zola est plus identifiable aujourd’hui. Ce qui caractérise ces deux ensembles est leur construction par les HBM, office public d’Habitation Bon Marché, ancêtre dans les années 1930 des offices HLM d’aujourd’hui. Plusieurs lois en faveur du logement social ont été votées depuis la fin du XIXe siècle. Les HBM sont créés par la loi Siegfried de 1894. Mais leur constitution dans les départements n’est pas obligatoire. La loi Strauss oblige à la construction de logements répondant à des normes de salubrité. D’autres lois complètent ce dispositif mais sans grand effet. La crise du logement dans les villes s’aggrave dans les années 1930 et l’État aide les sociétés HBM à construire des logements sociaux. La loi Loucheur de 1928 encourage l’accession à la propriété. A Villeurbanne, nombre de petits immeubles de 3 ou 4 étages ont été construits grâce à ce dispositif. Dans le cadre des HBM, les immeubles répondent à des normes de construction très modernes : superficie minimum, gaz, électricité, eau courante avec douche et sanitaire.