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Découverte

 

Le temps des guerres - Résistance.

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L'attaque d'un fourgon de tickets de rationnement, AMV. 1/2

 

La lettre émanant d’un employé municipal faisant le récit de l’attaque d’un fourgon transportant les tickets de rationnement destinés à la population villeurbannaise le 26 janvier 1944 au maire de Villeurbanne, constitue un document d’un extrême intérêt à la fois pour une étude de la France en guerre (Résistance et vie pendant la guerre) et pour un travail en français et en éducation civique avec des élèves de cycle 3.

D’un point de vue historique, il permet d’aborder de façon complémentaire à la traditionnelle présentation de reproduction de tickets de rationnement que l’on trouve dans tous les manuels scolaires, les raisons pour lesquelles la population ne peut trouver de nourriture dans les magasins. Ce n’est pas, comme en 1914, l’absence de la main d’œuvre masculine qui explique la pénurie, mais les conditions même de l’armistice de juin 1940 qui imposent le paiement d’indemnités et la livraison d’une partie de la production nationale aux occupants.

Il est aussi intéressant de montrer aux élèves que la Résistance, en 1944, a aussi besoin de nourrir ses troupes ainsi que les jeunes réfractaires du STO qui ont grossi les maquis proches de Lyon.

La question de la légitimité de ces actes est à poser. Un travail en éducation civique peut ainsi être fait en faisant réfléchir les élèves sur la question de la légitimité de la résistance et du droit à la révolte. Pour les troupes d’occupation, pour les autorités, et même pour certains civils qui vont se voir privés de tickets et donc de possibilité de ravitaillement, cette action est un acte de délinquance, un vol. Le fonctionnaire qui raconte la scène le fait de la façon la plus neutre possible. Il montre qu’il s’agit d’un guet-apens, que tout a été soigneusement préparé, que les « individus » (ni le terme de « bandits », ni celui de « résistant » ne sont utilisés) menacent les employés d’une arme, mais ne cherchent pas à en faire usage, même pour tirer en l’air. Ils sont renseignés, connaissent l’heure de passage du camion, son itinéraire précis et son contenu exact. Il est vraisemblable qu’ils ont des complices à la Mairie elle-même.

Pour les résistants, la légitimité de leur action ne fait pas de doute : la production française doit servir à nourrir la population française, leur lutte est une lutte de libération nationale et une lutte pour recouvrer les libertés confisquées par l’occupation nazie.