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Découverte

 
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Les poilus de Villeurbanne - Sur le front

Lettre de Lazare Goujon adressée à son épouse Isabelle, 20 octobre 1915. Cahier manuscrit d’Isabelle Goujon. AMV, don R. Fisher

Lettre de Lazare Goujon adressée à son épouse Isabelle, 20 octobre 1915. Cahier manuscrit d'Isabelle Goujon. AMV, don R. Fisher

En octobre 1915, le Docteur Goujon vient de rejoindre le 89ème Régiment d’Infanterie, dans le secteur de Soissons dans l’Aisne. Il veut présenter à sa femme sa vie dans ce secteur du front. Les deux textes sont constitués d’extraits d’une lettre datée du 20 octobre 1915 pour le premier et du 28 octobre pour le second, lettres que Madame Goujon a recopiées dans un cahier. Les coupes ont été effectuées par les auteurs de la mallette afin de choisir des extraits plus « pédagogiques ». Les lettres sont très longues : quatre pages d’un cahier d’écolier pour chacune. On y trouve des indications intéressantes sur l’organisation du front. Elle nous présente un système bien pensé, cohérent, prévu pour être un lieu de vie pour des soldats loin de chez eux. Les tranchées, ce n’est pas que de la boue et des rats, c’est aussi un lieu de vie pour des soldats qui essaient de l’organiser de la façon la plus confortable possible. La tranchée aussi large qu’un boulevard a été nommée « avenue de Limoges » pour rappeler aux soldats originaires majoritairement du Limousin, leur région d’origine. L’émerveillement dont fait preuve le Docteur Goujon au sujet de l’installation téléphonique et télégraphique près des tranchées peut paraître surprenante mais il veut, tout au long de la lettre, absolument rassurer son épouse sur le « confort » et l’absence de danger qu’il court. Il est bien évident que ce n’est pas la réalité et cette lettre est bien différente de celles que l’on trouve habituellement. Cependant, elle nous montre que ces soldats sont avant tout des hommes et qu’ils réagissent différemment en fonction de leur vécu, de leur situation personnelle. Si l’on exclut le vocabulaire insistant sur le côté merveilleux et presque idyllique du lieu, la description est très fidèle.

Les lettres sont réunies dans l'ouvrage Lazare Goujon correspondances 1914-1918, Direction de la Communication, Ville de Villeurbanne, 2014, 89p.

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