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Découverte

 
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Les poilus de Villeurbanne - Sur le front

Lettre de Lazare Goujon adressée à son épouse Isabelle, 7 décembre 1916. Cahier manuscrit d’Isabelle Goujon. AMV, don R. Fisher

Lettre de Lazare Goujon adressée à son épouse Isabelle, 7 décembre 1916. Cahier manuscrit d’Isabelle Goujon. AMV, don R. Fisher

Une réserve importante concernant l’origine de ce document est indispensable. Les lettres originales de Lazare Goujon à sa femme ne sont pas parvenues aux Archives municipales de Villeurbanne. Seul, un cahier, contenant les lettres recopiées par Isabelle Goujon, y est déposé. Certains passages ont donc pu être supprimés. La lettre que nous avons ici, a en plus été transcrite par la petite-fille de Lazare Goujon qui a opéré des coupes difficiles à repérer. La décision de faire figurer tout de même cette lettre a été prise. En effet, ces extraits donnent une description très précise et très bien écrite des tranchées, vues par un médecin. Nous sommes en décembre 1916. Lazare Goujon est en Macédoine, sur le front de Salonique. La référence aux « Boches » qui bombardent même la nuit peut étonner. S’agit-il d’un terme devenu pour lui générique et désignant les ennemis que sont ici les Austro-Hongrois ou d’un lapsus de sa part ? Nous sommes bien en Grèce comme le suggère une phrase sur les « évènements en Grèce » et la date de la lettre. La description des tranchées pourrait convenir au front français. Il est vraisemblable que la référence au froid serait ajoutée pour la France mais les intempéries, l’eau, la boue et les conditions d’hygiène (rats, humidité) sont aussi présentes dans les descriptions sur le front occidental. Le style de Lazare Goujon est original. Il fait preuve d’un certain détachement qui a pour but de ne pas dramatiser la situation et inquiéter davantage sa femme. C’est aussi la description de la situation par un médecin hygiéniste : « la mauvaise saison a aggravé l’état sanitaire ». Il faut savoir que la situation sanitaire sur ce front est désastreuse : dysenterie, scorbut et paludisme endémique déciment les troupes au même titre que les combats. Les pertes sont très importantes. Comme la plupart des lettres de poilus, il termine par un retour sur Lyon et sa famille puisque, semble-t-il, sa femme lui a annoncé son intention d’aller passer quelques jours, peut-être les fêtes de fin d’année dans la famille de Lazare Goujon à Montceau-les Mines.

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