La tradition républicaine et laïque

Patronage laïque de l’école Anatole France sur le terrain de Bonneterre, 1934. Collection Christophe Coupaud.

Les différents maires de Villeurbanne, résolument socialistes et souvent francs-maçons, se sont fortement engagés pour la laïcité, au point de développer un véritable esprit de concurrence avec l’Église pour l’éducation et les loisirs de la jeunesse, par exemple en dehors du temps scolaire. La création de l’École populaire sportive par Lazare Goujon en 1925 est ainsi une tentative de contrer les catholiques qui ont multiplié les patronages dans les paroisses, affligés par l’idée d’une école sans dieu. Les enfants se voient offrir par les uns et par les autres des activités sportives et culturelles, en particulier gymnastique, football, basket et cinéma.

Les mouvements d’éducation laïque et populaire s’engagent eux aussi à la suite des écoles publiques pour renforcer la moralité des enfants, étayer
les valeurs familiales et cultiver l’éducation à la citoyenneté. Les enjeux idéologiques sont toujours très prégnants : ainsi l’Amicale des Charpennes, société d’anciens élèves d’écoles laïques de Villeurbanne fondée en 1907 et siégeant à l’école Émile Zola, a pour devise « Amitié, éducation, solidarité ». L’Amicale Laïque Antonin Perrin se réfère aux valeurs fondatrices « Laïcité, citoyenneté, solidarité » de la Ligue de l’enseignement.

Cahier d'école communale. Archives municipales de Villeurbanne / Le Rize.