Initiatives

« Centre culturel pour les aumôneries et les cultes catholiques et protestants » : tel est le nom de l’association déclarée en janvier 1963. Impulsé par le prêtre Jean Latreille, le projet est clairement religieux : il s’agit de compléter l’offre d’aumônerie suite à la création du campus de la Doua. Avec le soutien de l’Archevêché, propriétaire des lieux, et de grands patrons lyonnais, une première salle polyvalente, des pièces adjacentes et un appartement sortent de terre en 1967, rue Courteline, au sud de l’Insa (Institut national des sciences appliquées). D’emblée, ce centre culturel est décrit comme un « véritable caravansérail » où coexistent des groupes très divers.

Le CCO en 1989, Le Progrès, Danielle Devinaz, AMV - Le Rize

Le local s’agrandit en 1970, avec l’ajout d’une salle polyvalente de 400 places et de 12 salles supplémentaires. Ce qui oblige le centre culturel à préciser ses critères d’accueil, tout en réitérant sa volonté d’ouverture, bien au-delà du monde étudiant. En 1974, la communauté mariste prend le relais et des animateurs remplacent les aumôniers : il s’agit de mieux travailler avec les jeunes du quartier.

Avec l’élection de Charles Hernu en 1977, s’engage un soutien continu et croissant de la municipalité de gauche au Centre culturel récemment rebaptisé « Œcuménique » (CCO). Au début des années 1980, sous le mot d’ordre « engageons- nous », le centre se revendique clairement comme « tête de réseau associatif » (176 associations accueillies en 1984, 350 aujourd’hui) et s’implique de plus en plus dans le soutien aux exclus, aux migrants et dans la lutte contre l’extrême-droite. Impliqué dans les années 1990 dans la politique de la Ville, le CCO est plus que jamais soutenu par la municipalité pour son action en faveur de la diversité culturelle et reconnu par la DRAC pour son accueil d’expressions culturelles émergentes. Au début des années 2000, le CCO s’oriente vers plus de professionnalisme et ouvre le chantier de l’économie sociale et solidaire, tout en réaffirmant son engagement en faveur des exclus, dans un esprit laïcisé.

Soutenir et accueillir les initiatives

Depuis 2017, le CCO, qui se définit désormais comme « laboratoire d’innovation sociale et culturelle », est impliqué avec le Groupement d’intérêt économique Est Habitat dans un projet urbain ambitieux, qui prendra place à l’est de Villeurbanne, sur le site de l’ancien Foyer Jeanne d’Arc de l’usine Tase (dernièrement IUFM – Institut universitaire de formation des maîtres). Ce lieu réunira différentes formes d’habitat, un équipement culturel, des espaces d’accueil, de coworking, avec des fonctions de formation, d’animation et d’économie sociale et solidaire, en conjuguant politiques publiques du logement, action sociale, développement économique et culturel. Comme le nom du projet l’indique, il s’agit de faire la ville autrement, en incluant plutôt qu’en rejetant les plus pauvres.

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