Les Gratte-Ciel
Développement d'une centralité commerçante
L’inauguration en 1934 du nouveau quartier des Gratte-Ciel est un geste social et politique de la part du maire Lazare Goujon.
En dotant Villeurbanne d’un nouveau centre-ville moderne et imposant, il l’affirme à côté de son puissant voisin lyonnais. En plus d’une nouvelle mairie, le projet inclut des logements plus salubres pour les ouvriers, un théâtre populaire, une piscine mais aussi des locaux commerciaux en bas des immeubles afin de permettre un approvisionnement de proximité.
Si de nos jours les Gratte-Ciel concentrent une grande part de l’activité commerciale (50 % du chiffre d’affaire en alimentaire à Villeurbanne), cela n’a pas toujours été le cas.
Dans les années 1970-1980, Villeurbanne a fait face à des difficultés pour maintenir le petit commerce.
Afin de revitaliser le commerce, la Société Villeurbannaise d’Urbanisme a créé un management de centre-ville. Depuis 2012, Destination Gratte-Ciel a pour objectif de renforcer la présence du commerce et de lutter contre la désertification du centre-ville, ce qui représente aujourd’hui un enjeu majeur à l’échelle nationale.
Quand les Gratte-ciels ont été achevés, les locaux commerciaux n’ont pas immédiatement convaincu les commerçants. En témoignent les nombreux locaux qui sont inoccupés et murés de briques sur cette carte postale de l'époque.
Prévus dans le projet initial, les commerces sont censés participer au dynamisme et au rayonnement de la ville. Les coques commerciales sont toujours gérées par la SVU.
Le quartier s’impose comme un vrai centre-ville à partir des années 1960. Aujourd’hui, il représente un centre commerçant équivalent au plateau de la Croix-Rousse.
Le marché des Gratte-Ciel est inauguré en 1937 suite à une pétition qui recueille 800 signatures pour sa création. Les commerces peu nombreux ne suffisent pas à approvisionner les habitants de ce quartier récent qui devient le plus peuplé de la ville.
Dès son ouverture, le marché remporte un grand succès auprès des habitants qui devaient auparavant se déplacer jusqu’aux marchés des Charpennes ou des Maisons Neuves.
Pour des raisons esthétiques et pratiques, l’idée d’installer le marché sur l’Avenue Henri Barbusse a été rapidement écartée. L’emprise spatialedu marché a bien évolué : il s’étend de nos jours sur toute la place Chanoine Boursier.
Cet article de 1988 souligne la difficulté de maintenir le commerce dans le centre-ville qui est «déchiré entre l’activité des grandes surfaces de périphérie et celle de la presqu’île ». En 1973, une étude montre que plus de la moitié des achats (alimentaires et non alimentaires) des Villeurbannais est réalisée à Lyon et dans le reste de la Communauté urbaine, contre 35% à Villeurbanne. En 2017, ce chiffre est remonté à 39%. Une attractivité dans laquelle les commerces alimentaires des Gratte-Ciel jouent le rôle de locomotive.
Avec le projet d’extension, la surface commerciale de l’avenue Henri Barbusse va doubler et le quartier des Gratte-Ciel va continuer à renforcer sa centralité.
L’objectif de Destination Gratte-Ciel est de proposer une offre commerciale préservant l’équilibre entre commerce indépendant (alimentaire et non alimentaire) et franchises internationales.
Le dessinateur Laurent Bonneau, qui a « croqué » le marché sur le vif, témoigne de son atmosphère singulière. Ses traits colorés et fluides suggèrent une agitation joyeuse. Certains détails comme les mains, rendent compte de la proximité presque familière entre les maraîchers et les passants. Avec les produits ainsi étalés ou suspendus, le dessinateur fait appel à nos propres souvenirs gustatifs ou olfactifs, ouvrant le dessin au domaine du sensible.