Commerce et immigration

Solidarités communautaires

Dans les villes anciennement industrielles, l’installation de communautés immigrées venues y travailler a suscité l’ouverture de commerces dits ethniques. Ces commerces permettent aux nouveaux arrivants de garder un lien avec le pays d’origine à travers l’alimentation. Ils jouent un rôle d’accueil majeur à Villeurbanne.

A Villeurbanne, le commerce ethnique apparaît dans l’entre-deux-guerres, notamment avec l’implantation des Italiens : des épiceries et charcuteries italiennes fleurissent à Croix-Luizet. A partir des années 1970, ce sont des commerçants du Maghreb et d’Afrique subsaharienne qui investissent des petits commerces de proximité en difficulté et permettent ainsi leur maintien.


L’activité commerciale représente souvent un facteur d’insertion pour des entrepreneurs qui s’appuient sur une solidarité communautaire et un modèle de travail familial. Nombre de ces commerces répondent aux attentes des citadins au-delà de la communauté, par leur offre de produits exotiques et la souplesse de leurs horaires.


2 Villeurbannais sur 3 déclarent déjeuner au moins une fois à l’extérieur dans la semaine. Si cette pratique tend à augmenter ces dernières décennies, elle n’est pas nouvelle. Dans la ville ouvrière de la première moitié du XXème siècle, cafés-restaurants et guinguettes ont joué un rôle de premier plan dans l’alimentation et la sociabilité populaires. Ce sont des lieux où les ouvriers déjeunaient le midi, se réunissaient après une journée de travail et se reposaient le dimanche.

Le fastfood  est aujourd’hui la référence en matière de restauration populaire. Se référant au hallal, le kebab a rendu la ville plus accessible aux populations de culture musulmane, tout en touchant beaucoup plus largement notamment les populations étudiantes et ouvrières. La mode est aujourd’hui au tacos dit « lyonnais », qui aurait été inventé entre Vaulx-en-Velin et Villeurbanne.


Lorsqu’il a été créé en 1892, le marché de la place de la mairie, devenue place Jules Grandclément, comptait deux buvettes. L’une était à l’est face à l’église et l’autre à l’ouest. La buvette Grand Clément est le dernier témoin de la présence sur cette place du plus ancien marché de la ville encore en activité.

Véritables patrimoines villeurbannais, les deux buvettes qui demeurent sur les places Wilson et Grandclément remontent aux origines de ces deux marchés.
Appelées également « pieds humides » (car elles ne protégeaient pas les clients des intempéries), les buvettes faisaient partie d’un écosystème commercial, où se croisaient commerçants sédentaires, forains et clients.

Raymond Basim, actuel gérant de la buvette Grandclément, regrette la disparition d’une ambiance populaire de marché et témoigne du besoin de lieux de convivialité dans une ville multiculturelle comme Villeurbanne.


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