L'approvisionnement alimentaire : un enjeu de solidarité
Faire ses courses : tous les citadins ne sont pas égaux face à cette activité pourtant banale. Les familles les plus pauvres n’y ont pas accès régulièrement et connaissent l’insécurité alimentaire : c’est le cas de 15% des ménages de la Métropole. 1 ménage sur 10 a recours a même à l’aide alimentaire.
A Villeurbanne, les quartiers situés à l’est sont moins bien dotés en commerces, ce qui réduit l’accès des habitants à une alimentation variée et de qualité. Si les marchés maillent l’ensemble du territoire communal, ceux de l’est s’affaiblissent (Buers, Brosses, Cusset), voire disparaissent (Saint-Jean).
C’est un enjeu de santé publique : les risques d’obésité ou de diabète s’accroissent avec la consommation de produits ultratransformés, au détriment de fruits et légumes de plus en plus coûteux.
Jardins partagés
Les jardins partagés, objets de politiques publiques de cohésion sociale, n’ont pas, à l’origine, de vocation nourricière et donc de fonction productive. Mais ils favorisent le lien social dans les quartiers et permettent une éducation à l’environnement. Ces espaces sont des lieux de rencontre et d’expérimentation du «faire ensemble ».
L’association le Passe Jardins regroupe ainsi 180 jardins de la métropole lyonnaise. Elle accompagne les habitants dans leur projet et les forme, notamment en permaculture.
Pratiques solidaires
Injustice fondamentale, la faim a toujours suscité des formes d’aide et de partage de la part de particuliers et d’institutions, religieuses, laïques, publiques. A Villeurbanne, les archives gardent la trace de bureaux de bienfaisance ou de soupes populaires au XIXème et XXème.
Les banques alimentairesont été créées en 1984 par 5 associations caritatives sur le modèle des foodbanks américaines. Aujourd’hui, elles sont un réseau de 79 banques alimentaires en France à accompagner 2 millions de bénéficiaires sur le principe de la gratuité.
Les associations se mobilisent activement sur le territoire. Avec l’aide de 139 bénévoles Les restos du Cœur du Rhône touchent 1 083 familles villeurbannaises.
Aïssatou Diallo-Lambert a créé l’association Les amis de tous en 1992 pour venir en aide aux familles de son quartier,notamment sur le plan alimentaire. L’association s’approvisionne à la banque alimentaire du Rhône. Elle aide environ 350 familles du Tonkin en distribuant entre 50 et 60 tonnes de nourriture par an.
Si les acteurs de l’aide alimentaire répondent à des urgences, d’autres considèrent que faire ses courses est un enjeu de dignité. C’est le projet des épiceries sociales et solidaires qui permettent à des bénéficiaires de ne payer qu’une partie du prix initial d’un produit, tout en créant un cadre de rencontre et d’échanges. Récemment, plusieurs initiatives ont concerné Villeurbanne, avec la Croix Rouge, en encore l’association Agorae qui se présente à la fois comme « supermarché solidaire » et lieu de sensibilisation à la « consomm’action » sur le campus de la Doua.
Les structures d’approvisionnement alternatif touchent d’abord les classes moyennes et supérieures : c’est le cas de 70% des adhérents villeurbannais d’Alterconso, la doyenne des associations distributrices de paniers dans l’agglomération. C’est pourquoi certaines associations comme Légum’au Logis ou VRAC (Vers Un Réseau d’Achat en Commun) prennent le parti de permettre l’accès au bio et au local dans les quartiers en politique de la ville.
Créé localement en 2013 par Est Métropole Habitat et la Fondation Abbé-Pierre, VRAC est une association aujourd’hui présente dans 6 des principales métropoles françaises. Implantée dans des quartiers populaires, l’association favorise l’accès à des produits de qualité, via l’achat groupé en vrac. Pour répondre à la précarisation des étudiants, l’association a choisi d’expérimenter à la rentrée 2019 des commandes et distributions sur le campus de la Doua.
Depuis 2012, l’association Légum’au logis est active dans le quartier d’habitat social des Buers. Elle s’engage pour la justice alimentaire par l'accès à une alimentation de qualité. Elle propose des produits frais et locaux en partenariat avec d’autres structures, centres sociaux et culturels, groupements d’achat (VRAC) ou système de paniers solidaires.