S'approvisionner en temps de crise

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Lors de crises majeures, notamment pendant et après les deux guerres mondiales, s’approvisionner en denrées alimentaires se complique pour les populations citadines. Il ne reste que peu de terres cultivables à Villeurbanne et les difficultés d’acheminement des denrées depuis l’extérieur de la ville sont importantes.
Les commerces et les marchés n’arrivent plus à répondre aux besoins des habitants. Pour exemple, en octobre 1941 seulement 20 maraîchers sur les 300 avant la guerre sont encore en activité.
Assurer aux habitants l’accès à des produits alimentaires de première nécessité est donc un enjeu majeur pour le pouvoir en place.
Face à cela, les pouvoirs publics à l’échelle nationale et locale mettent en place plusieurs initiatives d’aide alimentaire comme cela fut le cas dès la première Guerre Mondiale.


Créés pendant la période napoléonienne, les Bureaux de bienfaisance venaient en aide aux personnes démunies partout sur le territoire français et ce, pendant et en dehors des temps de guerre. En témoignent ces nombreux bons de commandes du Bureau de bienfaisance de la ville auprès des boulangers villeurbannais.

Afin de faire face aux pénuries de la première Guerre Mondiale, Jules Grandclément, maire de 1908 à 1922, intervient en instaurant l’ouverture de commerces municipaux à Villeurbanne. 
La Ville achète des aliments de premières nécessités tels que du pain, des pâtes, du riz, du sucre, des pommes de terre, qu’elle revend, dans des locaux commerciaux, à des tarifs moins élevés que les commerçants (30% moins cher environ).

Jardins ouvriers et cheminées, rue de France. AMV/Le Rize 4Fi455
Jardins ouvriers et cheminées, rue de France. AMV/Le Rize 4Fi455

En 1940, la municipalité de Villeurbanne instituée par le gouvernement de Vichy peine à assurer l’approvisionnement alimentaire des habitants.
Afin de permettre aux citadins d’avoir une source d’approvisionnement en produits frais à moindre coût, le gouvernement de Vichy autorise à partir d’août 1940 l’exploitation des terrains urbains non utilisés. Les friches et terrains vagues sont alors réquisitionnés pour accueillir des jardins ouvriers. On estime à 20 hectares la superficie de ces jardins à Villeurbanne à la fin de la guerre.

Pendant et après la guerre, les aliments viennent à manquer. Afin que tout le monde puisse se nourrir, l’achat de produits alimentaires est restreint. Le 23 septembre 1940 sont instaurés le ravitaillement général et les cartes d’alimentation.
Les tickets ne donnent  pas un accès gratuit aux produits, mais seulement le droit d’acheter certaines denrées. Les aliments et leur quantité sont limités et déterminés selon l’âge et l’état de santé de la personne. 
Les tickets de rationnement sont essentiels pour se procurer à manger, à tel point que des cas de vols adviennent. Des bureaux de distribution mais aussi fourgons de transport de tickets sont attaqués à Villeurbanne, comme cela fut le cas le 26 janvier 1944.

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