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Consultation

Parc Vaillant-Couturier

Le parc public Vaillant-Couturier, situé à l’angle des rues Léon-Blum et Pierre-Louis-Bernaix, est un espace vert de détente et de jeux. L’espace réaménagé en 1977 offre une conception nouvelle d’accueil de toutes les tranches d’âges de la population. Revalorisé en 1993 dans le cadre du Plan vert, il présente de très beaux cèdres centenaires plantés sur les terrains de propriétés bourgeoises.

La propriété Leplant sur le plan cadastral des années 1930 (AMV, 1M143)
papier à en-tête de la manufacture de chaussures G. Leplant en 1897 (AMV)
Affiche appelant les villeurbannais à rendre hommage à P. Vaillant-Couturier décédé le 10 oct. 1937 (AMV-8Fi247)
Les cèdres centenaires  en 2016 (ph. S. Majdar)
Vue du parc Vaillant-Couturier depuis le sud (ph. S. Majdar)

Auteur(s) : Sandrine Majdar, historienne

La propriété Leplant

À partir de 1929, la municipalité de Lazare Goujon entame des procédures d’expropriation afin d’acquérir[1] une propriété bourgeoise de 13 559 m² qui appartenait à l’industriel Gustave Leplant[2]. L’ensemble du tènement s’étend alors entre le 70 boulevard Eugène-Réguillon et la route de Crémieu, actuelle rue Léon-Blum. Le projet de la ville est à la fois d’y établir une voie nouvelle pour faciliter l’accès au groupe scolaire de la rue Berthelot et d’aménager l’espace public qui manque à la population ouvrière du quartier.

Après plusieurs années de négociations, la famille Leplant s’engage le 8 septembre 1937[3] à vendre son tènement comprenant une villa avec dépendances, un parc agrémenté de cèdres, une roseraie, un jardin floral, un jardin potager, une orangerie ainsi qu’un terrain de tennis.

À la fin de l’année 1938, un passage piétonnier est aménagé à travers l’ancienne propriété Leplant[4]. Le déclenchement des hostilités entraîne la suspension des projets de création d’un nouveau parc public. Une partie des terrains est louée pendant 10 ans au « Groupement des Jardins communaux Leplant ». La villa qui devait être initialement détruite, est finalement conservée et louée successivement par la Ville à l’association des « Artisans du devoir patriotique » qui en fait un centre social pendant la durée de la guerre, puis, jusqu’en 1970, à des centres de formation, dont l'« Association lyonnaise de Formation Professionnelle » devenue « Centre Berthe Albrecht »[5].

Le parc Vaillant-Couturier

En 1946, sur la partie sud de la propriété Leplant[6], qui s’étend sur environ 5200 m², la municipalité fait aménager un lieu de repos pour les personnes âgées ainsi qu’une aire de jeux pour les tout-petits. Le 25 mars 1946, l’espace commence à être ouvert au public la journée[7]. Lors de la séance du 26 avril 1946[8], le conseil municipal présidé par Georges Lévy décide de lui attribuer le nom de l’ancien journaliste communiste et homme politique français, Paul Vaillant-Couturier[9].

La propriété Girard-Prat

Au début des années 1970, de nombreux immeubles sont construits dans le quartier. Les espaces verts disponibles ou laissés à l’abandon sont souvent acquis par des promoteurs immobiliers.

Pour faire face à l'accroissement de la population, la municipalité d'Etienne Gagnaire envisage d’abord la construction d’un nouveau groupe scolaire sur le site abandonné depuis plusieurs années et vandalisé et l’acquisition d’une partie du parc de la propriété bourgeoise mitoyenne appartenant à la famille Girard-Prat[10]. Le 2 mai 1972, le conseil municipal décide l’acquisition de 3200 m² de terrain du 57 au 63 rue Léon Blum[11]. Mais il abandonne rapidement le projet d’établir un nouveau groupe scolaire sur ces deux terrains réunis.

Le 31 décembre 1970, les bâtiments au sud du terrain, 65 rue Léon Blum, cessent d’être loués[12], pour être progressivement détruits entre 1971 et 1976.

Une nouvelle politique en faveur des espaces verts

En 1977, Villeurbanne possède seulement 13 hectares d’espaces verts. L’un des axes prioritaires de la municipalité de Charles Hernu porte sur l’amélioration du cadre de vie et de l’environnement par la création d’espaces verts. Il s’agit d’augmenter les surfaces végétales tout en définissant une nouvelle conception du jardin public offrant également des activités aux adolescents[13]. Les conceptions anciennes des parcs et jardins privilégiaient en effet les adultes et les enfants en bas âge.

L’aménagement du parc en 1977

La municipalité projette d’aménager l’ancien parc Vaillant-Couturier, auquel vient s’ajouter le terrain Girard-Prat récemment acquis et de le doter d’un plateau sportif. Ces deux terrains sont plantés d’arbres devenus centenaires. Des espaces variés sont aménagés, incluant zones végétales de détente et de rencontre et jeux pour les enfants de tous âges.

Le 9 mai 1977[14] le conseil vote l’aménagement du jardin public qui s’étend désormais sur une superficie d’environ 8400 m², et du plateau d’éducation physique, confié aux services techniques de la ville. L’ancienne clôture est détruite et remplacée par une grille dont l’entrée principale s’effectue rue Léon Blum. De nouvelles allées sont ouvertes dans l’espace qui comprend kiosque sanitaire et local jardinier.

L’espace est réparti en différentes zones : terrain de pétanque le long de la rue Pierre-Louis-Bernaix, plateau sportif comprenant terrain de basket-ball et sautoir, au nord colline en rondins et piste cyclable pour enfants ; à l’ouest, des jeux pour les plus petits, sont également prévus avec cage à écureuil[15] et bac à sable. Les pelouses offrent des lieux de repos et de rencontre.

De nouvelles plantations côtoient les plus anciennes : les arbres centenaires sont préservés.

L’aménagement du parc Vaillant-Couturier en 1977 s’inscrit ainsi dans un programme qui permet, en l’espace de trois ans, de créer 73 014 m² d’espaces verts au sein de la Ville[16].

Le Plan vert

En 1990, la municipalité de Gilbert Chabroux, en coordination avec la Communauté Urbaine, tente de réconcilier urbanisme et environnement. La prise en compte de l’arbre et de l’espace dans l’aménagement urbain est instaurée par le Plan vert établi en 1991[17]. Inscrit sur le long terme, il comprend, à sa création, 18 projets d’aménagement et de valorisation d’espaces, dont le parc Vaillant-Couturier[18]. Complémentaire du plan d’occupation des sols[19], il témoigne de la volonté politique de redessiner la ville afin d’offrir une nouvelle image mettant en valeur un cadre de vie de qualité.

La valorisation du parc au début des années 1990

Le parc Vaillant-Couturier, non-entretenu, et délaissé par les habitants du quartier est réaménagé à partir de novembre 1992[20] dans le cadre du Plan vert. La paysagiste Anne Josse, du cabinet EPURE localisé à Meylan, chargée de sa revalorisation, prévoit de remettre en valeur les arbres existants tels que les cèdres centenaires et les marronniers qui constituent l’atout majeur du lieu, en abattant quelques arbres, pour assurer le bon développement de ce patrimoine végétal et apporter de la lumière.

De nouvelles espèces adaptées au sol et à la région, sont plantées : potentilles, prunus laurocerasus (ou laurier-cerise) et cornouillers. Un tulipier de Virginie, un cèdre du Liban ainsi qu’un érable à saccharine complètent l’ensemble. De vastes pelouses permettent de créer des espaces de détente.

De nouvelles zones sont instaurées, dont un espace de jeux clos pour les tout-petits, des balançoires à ressort et un parlophone pour les plus grands. Le terrain de basket, les tables de ping-pong et le terrain de pétanque sont quant à eux conservés. À l’emplacement de l’ancienne cage à écureuil, un pyracord[21] de 9,30 m de haut constitue le nouveau point fort du parc pour les enfants de tous âges.

Les travaux d’aménagement sont inaugurés le 7 juin 1993 par le maire Gilbert Chabroux[22] dans le cadre de la 5e édition des journées nationales de l’environnement[23].

Le parc aujourd’hui

Dans les années 1990, la famille Girard-Prat désire se séparer de sa propriété de 2500 m². La municipalité, voyant l’occasion de réaliser une extension du parc Vaillant-Couturier, projette son acquisition avant d’y renoncer définitivement en 1997, pour des raisons budgétaires[24].

La combinaison d’espaces de jeux pour les enfants de tous âges, de lieux de détente et de promenade au sein d’une belle végétation constitue encore aujourd’hui le véritable attrait du parc.




Notes

[1] 1D277 : Projet d’ouverture d’une nouvelle rue entre la route de Crémieu et le boulevard Eugène Réguillon : délibération du conseil municipal de Villeurbanne, séance du 18 février 1929, p. 17.

[2] AD : 3P299/23 : Matrice des propriétés bâties, folios 1804 et 1805 (1911-1942). Gustave Leplant était le fondateur d’une fabrique de chaussures, sise 71 cours Tolstoï à la fin du XIXe siècle et au début du suivant.

[3] 1D279 : Acquisition de l’immeuble Leplant, 65 route de Crémieu, demande de déclaration d’utilité publique : délibération du 21 octobre 1937, p. 164.

[4] « Réglementation de la circulation à travers la propriété Leplant, entre la route de Crémieu et le boulevard Eugène Réguillon », arrêté municipal du 7 octobre 1938, Bulletin municipal officiel de Villeurbanne, n°151, 1er novembre 1938, p. 3878.

[5] 1M143 : Édifices publics : location de la propriété communale Leplant (1940-1970).

[6] Par délibération du 18 mai 1952, la commune cède une partie du terrain 70 boulevard E. Réguillon à l’Etat.  Elle est destinée à la construction de l’actuel lycée professionnel Marie Curie.

[7] « L’aménagement de la propriété Leplant », Bulletin municipal officiel de la ville de Villeurbanne, n°207, 1er avril 1946, p. 5013.

[8] 1D283 : changement de dénomination de diverses voies publiques : délibération du 26 avril 1946, p. 48.

[9] De son vrai nom Paul-Charles Couturier, né à Paris le 8 janvier 1892. Dès 1916, il devient membre de la SFIO avant de rejoindre le Parti communiste français en 1921. L’année suivante, il participe, avec l’écrivain français Henri Barbusse, à la création de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). À partir de 1926, il est rédacteur en chef du journal  L’Humanité (1926-1929 et 1935-1937), élu maire de Villejuif en 1929, fonction qu’il occupe jusqu’à sa mort le 10 octobre 1937.

[10] Cette demeure bourgeoise du XIXe siècle, connue sous le nom de « Château Grandclément » ou « Château Prat » aurait appartenu dès 1859 à la famille Chanoine, fondatrice du journal Le Progrès. En 1870, la propriété est acquise par Gustave Prat-Salle, industriel lyonnais spécialisé dans le commerce et le tissage de gants de laine. Il entreprend à plusieurs reprises des agrandissements de la villa. 

[11] 1D300 : acquisition d’un tènement immobilier sis 57 à 63 rue Léon-Blum et nécessaire à la construction d’un groupe scolaire : délibération du 2 mai 1972, p. 27.

[12] 1D299 : démolition de deux bâtiments communaux vétustes sis 26 rue Clément-Michut et 65 rue Léon-Blum, délibération du 5 juillet 1971, p. 106-107.

[13] 1D305 : les espaces verts à Villeurbanne : délibération du conseil municipal de Villeurbanne, séance du 17 octobre 1977, p. 323-325.

[14] 1D305 : aménagement de jardins publics : délibération du 9 mai 1977, p. 180-181.

[15] Jeu à grimper pour enfants avec barreaux métalliques.

[16] 1O63 : Aménagement d’espaces verts (1903-1982).

[17] « Dessine-moi la ville », Viva Villeurbanne, n°58, septembre-octobre 1991, p. 22-27.

[18] « De nouveaux espaces publics », Viva Villeurbanne, n°66, juillet 1992, p. 4-5.

[19] Actuellement le Plan vert fait partie du plan municipal d’environnement.

[20] 178W30 : Espaces verts (1992-1993).

[21] Filet à grimper pyramidal pour enfants.

[22] 275W12 : Journées de l’environnement, inauguration du parc Vaillant-Couturier à l’angle des rues Léon Blum et Pierre-Louis Bernaix (juin 1993).

[23] Les collectivités, associations et entreprises sont conviées à mener des actions contribuant à une sensibilisation de l’environnement ou à une mise en valeur des actions menées dans ce domaine.

[24] « Château Grandclément : le promoteur renonce », Le Progrès, 9 juin 1999.


Bibliographie

Devinaz (Danièle), Promenades artistiques au gré de Villeurbanne, Villeurbanne, Éditions du Mot Passant, 2001, 48 p. (cote AMV 2C16).

Angleraud (Bernadette), Pellissier (Catherine), Les dynasties lyonnaises : des Morin-Pons aux Mérieux du XIXe siècle à nos jours, Ed. Perrin, 2003, 830 p. (cote AMV 2C2578)

 


Sources

Archives départementales du Rhône :

3P299/23 : Matrice des propriétés bâties, folios 1804 et 1805 (1911-1942).

 

Archives municipales de Villeurbanne :

1D277 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (19 novembre 1928-22 janvier 1934), séances du 18 février 1929, p. 17 ; 27 juin 1932, p. 409 ; 13 mars 1933, p. 476 ; 22 janvier 1934, p. 590-91.

 1D279 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (1937-1938), séances du 21 octobre 1937, p. 161-164 ; 21 octobre 1937, p. 164.

 1D280 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (1939-1941), séance du 13 août 1940, p. 266-267.

 1D283 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (1946-1948), séances du 26 avril 1946, p. 47-48 ; 30 avril 1947, p. 299.

 1D299 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (1971), séance du 5 juillet 1971, p. 106-107 et 111.

 1D300 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (7 février 1972-16 octobre 1972), séances du 2 mai 1972, p. 27 et 32 ; 16 octobre 1972, p. 133-137.

 1D304 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (23 janvier 1976-8 novembre 1976), séance du 23 février 1976, p. 29.

 1D305 : Délibérations du conseil municipal de Villeurbanne (10 janvier 1977-26 décembre 1977), séances du 9 mai 1977, p. 180-181 ; 17 octobre 1977, p. 323-325.

 

1M143 : Édifices publics : location de la propriété communale Leplant (1940-1970).

 

1O63 : Voirie communale : dénomination, numérotage des voies, aménagement d’espaces verts (1903-1982).

 

178W30 : Espaces verts (1992-1993).

 

275W12 : Journées de l’environnement, inauguration du parc Vaillant-Couturier à l’angle des rues Léon-Blum et Pierre-Louis-Bernaix (juin 1993).

 

1O63 : Aménagement d’espaces verts 1975-1977 : plan d’aménagement du parc Vaillant-Couturier, Ville de Villeurbanne Services Techniques Architecture, échelle : 1/200 (janvier 1977).

 Sources imprimées :

 

 Articles de presse :

« Réglementation de la circulation à travers la propriété Leplant, entre la route de Crémieu et le boulevard Eugène Réguillon », Bulletin municipal officiel de Villeurbanne, n°151, 1er novembre 1938, p. 3878.

 « L’aménagement de la propriété Leplant », Bulletin municipal officiel de la ville de Villeurbanne, n°207, 1er avril 1946, p. 5013.

« Dessine-moi la ville », Viva Villeurbanne, n°58, septembre-octobre 1991, p. 22-27.

 « De nouveaux espaces publics », Viva Villeurbanne, n°66, juillet 1992, p. 4-5.

 « Environnement », Bulletin municipal de Villeurbanne, n°1, juin 1997, p. 27.

 « Au conseil municipal : un parc public route de Crémieu », La Voix du Peuple, n° 257, 29 octobre 1937, p. 3.

 « Retour à la case nature », Le Progrès, 9 juin 1993.

 « Le « château » de Grandclément, Le Progrès, 27 août 1995.

 « Château Grandclément : le promoteur renonce », Le Progrès, 9 juin 1999.

 



 


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