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Église Coeur Immaculé de Marie

L’ancienne église Cœur Immaculé de Marie, aujourd’hui 34 rue Richelieu, appartenait au domaine du château de La Ferrandière avant d’être le centre d’une paroisse tenue par différentes congrégations. Elle a été vendue par le diocèse pour faire place à un immeuble de logements sociaux.

L'église en 1990. Photo D. Devinaz
la nef de l'église du Coeur immaculé de Marie avant démolition.Photo Excler
maquette du projet Est Métropole Habitat. Photo agence architectes A-MAS (Saint Etienne)

Auteur(s) : Dominique Grard, archiviste de la Ville de Villeurbanne

Le domaine de La Ferrandière

Le château de la Ferrandière appartenait au 18e siècle à la famille d’un banquier lyonnais, Claude de Riverieulx, qui fut prévôt des marchands de Lyon. A la Révolution, une partie du domaine est vendue par lots, tandis que la veuve d’Antoine de Riverieulx (arrêté en nivôse an II), obtient auprès du directoire de Vienne la restitution du château.

Après la Révolution, il est vendu à François-Xavier Monavon, -devenu ultérieurement maire de Villeurbanne-, qui installe une fabrique d’indiennes dans l'une des dépendances. En 1818, c’est la congrégation des Dames du Sacré-Cœur, dirigée par Mère Sophie Barat, religieuse canonisée en 1925, qui en fait l’acquisition : elles adjoignent à leur couvent un établissement d’enseignement pour jeunes filles, qui, en 1900, pouvait recevoir 200 élèves pensionnaires, jusqu’à ce qu’en 1907, à la suite des lois sur les congrégations, elles en soient expulsées. Elles trouvent refuge à Rivoli près de Turin. Les bâtiments sont abandonnés pendant six ans, puis les liquidateurs le mettent en vente aux enchères en un seul lot le 25 janvier 1913. Les anciennes propriétaires négocient alors le maintien de la grande chapelle et le transfert du cimetière conventuel, qui comprenait trois cents corps, au cimetière de Cusset. La ville de Villeurbanne n’en offre que 750 000 F et le domaine est adjugé à la Société Immobilière de la Ferrandière au prix de 1. 050.000 F.[1]

Il s’agit alors d’un domaine de 27 hectares : grande terre coupée de bois, de vignes, de jardins et de prairies traversées par la Rize. Le château, ses grandes annexes et la porterie sont démolis de 1913 à 1920.

 Une chapelle devenue église paroissiale

 Une première chapelle préexistait dans le château : elle est transformée en réfectoire quand, par suite du développement du pensionnat, il faut en construire une nouvelle.

L’église est édifiée en 1838 et consacrée en 1842 par l’évêque de Grenoble Mgr de Bruillard : deux inscriptions gravées sur les pierres du soubassement de chaque côté de la façade le rappellent : « […] Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble a consacré cette église en l’honneur de la Nativité de la Très Sainte Vierge. »

Après la vente du domaine, la chapelle dont les religieuses avaient obtenu le maintien, est remise en 1913 à Berland, père d’une ancienne élève du pensionnat, puis restaurée et rouverte en 1925, année de la canonisation de sa fondatrice. En 1927, l’Association diocésaine de Grenoble en fait l’acquisition.

Le 17 novembre 1937, un siècle après sa construction, on célèbre sous la présidence de Mgr Caillot l’installation officielle des Pères Blancs qui vont desservir la chapelle : l’aile nord contenant encore une chambre qui aurait été celle de la sainte, est acquise pour la Procure des Pères Blancs missionnaires d’Afrique, créée en 1868 par le cardinal Lavigerie.

En 1956, la congrégation des Fils du Cœur Immaculé de Marie, missionnaires clarétains, vient prendre le relais des Pères Blancs.

Le 1er juillet 1959, le cardinal Gerlier érige officiellement la nouvelle paroisse sous le vocable de « Cœur Immaculé de Marie ». Outre la prise en charge de cette paroisse, les Pères Clarétains se mettent au service de la communauté espagnole de la région.

D’après Eugène Bottet, en 1967, « ses plus proches paroissiens sont les retraités de la Cité Rambaud, transférée récemment des Brotteaux en face de cette chapelle, dans laquelle auraient été transférés également les corps des fondateurs de cette œuvre : les abbés Rambaud et Du Bourg, qui étaient précédemment dans l’ancienne église de la Cité Rambaud. »[2]

En 1973, les Pères Clarétains se retirent au profit d’une communauté enseignante, les Pères Basiliens (congrégation fondée au début du 19e siècle, placée sous le patronage de saint Basile-le-Grand) ; en 1984, les deux prêtres permanents nommés en 1973 pour le service de la paroisse, y sont encore présents.

Quarante ans plus tard, le 21 juin 2014, y est célébrée une dernière messe car le diocèse a pris la décision de céder le bâtiment et son terrain sous la forme d’un bail emphytéotique de 55 ans[3], pour un projet de logement social.

Fin janvier 2016 débutent les travaux de démolition. Est Métropole Habitat (EMH)[4] y construit un immeuble de dix-huit logements sociaux et un centre d'hébergement et de réinsertion sociale géré par l’association Alynéa.

Le projet prévoit le maintien du mur d’enceinte sur 4 m de hauteur, la conservation de la trace au sol de la nef et du dallage en mosaïques pour un patio, les bâtiments en L étant construits tout autour.




Notes

[1] Selon Perrier, Villeurbanne historique et biographique, 1928, p. 69-70

[2] Selon Eugène Bottet, « Les chapelles de la Ferrandière », Rive Gauche, n°23, décembre 1967, p. 24-25

[3] Par délibération de Villeurbanne Est Habitat, prise le 20 juillet 2012

[4] Est Métropole Habitat résulte de la fusion en janvier 2014 de deux offices HLM : Porte des Alpes Habitat (Saint-Priest) et Villeurbanne Est Habitat.


Bibliographie

Bottet (Eugène), La Ferrandière, Société d’Etude et d’histoire de la Rive gauche du Rhône, 23 novembre 1954.

La Ferrandière plus de 150 ans d’histoire … 25 ans de vie paroissiale, Paroisse Cœur Immaculé de Marie, 1985, 56 p. (cote AMC 2C41)


Sources

Bottet (Eugène), « Les chapelles de la Ferrandière », Rive Gauche, n°23, décembre 1967, p. 24-25


2 commentaires

  • phybri03, 18 novembre 2015 à 23h37Répondre
    Pourquoi ne pas conserver cette petite église à coté des bâtiments? A-t-on trop de lieux de paix par les temps qui courent ?Où est-ce toujours la rage de la mairie de Villeurbanne à ne jamais laisser un m² de terrain disponible ?Peut-être la toiture à refaire par la ville ?
    J'ai toujours trouvé cette église très accueillante derrière sa façade très stricte. Dommage pour les habitants !
  • Francisco, 9 mars 2016 à 20h55Répondre
    Enfin Phybri03, mais redescendez sur terre, depuis quand le patrimoine ou l'esthétique l'emportent-ils sur les considérations plus vulgairement matérielles dans notre ville?
    Ces m² en valent d'autres pour notre bon maire.

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