Mobiliser le contexte villeurbannais en histoire

Finalités de la maquette pédagogique

La classe de plein air, image extraite de : Villeurbanne 1924-1934, ou dix ans d'administration, Archives municipales de Villeurbanne / Le Rize, 2 C 18

Le contexte villeurbannais

Villeurbanne a toujours affirmé son indépendance face à sa voisine lyonnaise.

Les tentatives d’annexion du territoire communal par les Lyonnais se sont toujours soldées par des échecs : 1852, Lyon annexe les faubourgs de Vaise, de la Croix-Rousse et de la Guillotière, mais échoue pour Villeurbanne en raison de l’opposition de la population villeurbannaise. La commune quitte cependant définitivement le Dauphiné et le département de l’Isère pour rallier le département du Rhône. Ce refus est davantage la conséquence d’intérêts économiques que d’une rivalité politique : l’industrie peut se développer à Villeurbanne sans les contraintes du paiement de droits d’octroi.

Une seconde tentative échoue en 1874.

Entre 1883 et 1894, faute d’arriver à annexer la commune entière, Lyon ne parvient qu’à récupérer la partie villeurbannaise du Parc de la Tête d’Or.

En 1903, le maire de Lyon Victor Augagneur, fait adopter par son conseil municipal un nouveau projet d’annexion, projet qui échoue de nouveau. Mais le maire de Villeurbanne inaugure en février 1904 un nouvel hôtel de Ville sur la place du Plâtre devenue la place de la Mairie et qui porte aujourd’hui le nom de Jules Grandclément. La commune a enfin une mairie monumentale comme la IIIe République a su les construire dans beaucoup de communes en France. Les municipalités communistes et socialistes qui se succèdent font de la ville un laboratoire d’idées, développant des projets d’urbanismes originaux pour une population ouvrière qu’il faut loger dans des conditions satisfaisantes, faire accéder à des loisirs et à la culture. Le plus célèbre exemple est la construction du quartier des Gratte-ciel inauguré en 1934, nouveau centre de la ville avec sa mairie, ses logements ouvriers modernes, son théâtre (le futur TNP), sa piscine, son Palais du Travail.

Comme toutes les périphéries industrielles développées au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, Villeurbanne se voit entourée dans les années 1970 par une seconde couronne de banlieues qui ont grossi dans la période des Trente Glorieuses (Décines, Bron, Vaulx-en-Velin, Saint Priest et au-delà). L’industrie s’y trouve à l’étroit, les autoroutes qui permettent le ravitaillement en matières premières et l’évacuation des produits fabriqués, se voient rejetées vers les zones industrielles de ces zones périphériques. La crise du textile des années 1960, accélère les départs.

Aujourd’hui, Villeurbanne conserve son identité propre, un territoire identifiable et identifié mais son inclusion dans l’espace de l’agglomération lyonnaise est une évidence. La limite de l’espace central de l’agglomération lyonnaise a largement franchi la ligne de la voie ferrée le long du Parc de la Tête d’or pour se déplacer aujourd’hui au niveau du périphérique interne (boulevard Laurent Bonnevay).

Toute cette évolution est certes originale par ses caractéristiques locales, mais rejoint, dans ses grandes lignes l’histoire des villages proches des grandes villes européennes dans le cadre du processus d’industrialisation et d’urbanisation des XIXe et XXe siècles.

Le travail manuel à l'internat primaire rual de Poncin. Extrait de l'ouvrage Villeurbanne, 1924-1934, ou dix ans d'administrations. Archives municipales de Villeurbanne / Le Rize, 2 C 18.

Finalités pédagogiques

Utiliser l’exemple villeurbannais pour enseigner l’histoire en cycle 3 répond donc à deux finalités :

  • Permettre à de jeunes élèves vivant sur son sol d’apprendre à ouvrir les yeux, regarder ce qui les entoure, apprendre à devenir curieux et donc développer chez eux l’esprit critique. On peut aussi facilement leur donner le goût de l’histoire en les confrontant très tôt à des sources historiques simples. La motivation à l’apprentissage passe aussi par là.
  • Rendre l’enseignement de l’histoire de France facile et intéressante : après l’étude du cas Villeurbannais, il sera plus facile de leur apprendre l’histoire des XIXe et XXe siècles : urbanisation, industrialisation, histoire de la société française. Tout cela deviendra plus aisé et surtout restera dans la mémoire des jeunes écoliers.

C’est en tout cas le pari que font les auteurs de cet ensemble pédagogique.