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Découverte

 

Les populations - Les écoles à Villeurbanne d'hier à aujourd'hui.

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Compte-rendu de l'administration municipale de Villeurbanne, 1884, AMV. 1/2

 

L’extrait choisi dans les comptes-rendus de l’administration municipale de Jean-Marie Dedieu, maire de Villeurbanne entre 1878 et 1888, permet de mieux comprendre l’action des Républicains des années 1880 et en particulier celle des municipalités en faveur de l’école. Nous sommes à l’époque de Jules Ferry.

En 1878, Jean-Marie Dedieu est nommé par les autorités pour être maire, parmi les membres du conseil municipal, élus au suffrage universel. Avec la loi de 1884, maires et adjoints sont élus par les conseillers municipaux. En 1884, lors des nouvelles élections municipales, il sera le premier maire élu au suffrage universel (masculin) selon le même système qu’aujourd’hui.

Dans ce compte-rendu de l’administration municipale durant son mandat, Jean-Marie Dedieu veut faire connaître et justifier l’action municipale de son équipe.

Il est maire au moment du vote des lois Ferry dont il soutient la politique, en particulier en ce qui concerne l’instruction.

Depuis la loi Guizot de 1833, les municipalités sont tenues d’entretenir des écoles primaires élémentaires. L’entretien des locaux, le logement du maître doivent être payés par les communes. Les lois sur l’enseignement primaire de 1879 à 1886 (lois Paul Bert, Ferry et Goblet) qui organisent l’école du peuple, activent les constructions scolaires. Construire des écoles, augmenter le nombre de salles de classe, devient une nécessité démographique mais aussi politique : il faut développer l’instruction des enfants du peuple, en faire de bons citoyens dégagés de l’emprise de l’Église, de bons serviteurs de la République et de la Patrie. Le texte montre bien que l’effort de scolarisation a d’abord porté sur les garçons qui disposent de locaux neufs et spacieux. Pour les filles, l’effort de scolarisation est plus tardif. En effet, la loi Guizot oblige les communes à entretenir une école de garçons, seule, ou en se réunissant avec une commune voisine. Pour les filles, seules les communes de plus de 800 habitants sont obligées, par la loi Falloux de 1850, d’entretenir une école (le seuil est porté à 500 habitants par Victor Duruy en 1867). Ce retard pour l’enseignement des filles par rapport à celui des garçons est bien visible : le besoin d’ouverture de classes pour les filles est encore plus grand que pour les garçons. On pourrait faire la même remarque pour les maîtres : la loi Guizot de 1833 obligeait les départements à entretenir, seuls ou à plusieurs, une école normale de garçons. Il faut attendre la loi Paul Bert de 1879 pour qu’ils soient tenus d’ouvrir une école normale de filles et une école normale de garçons par département.

La question du recrutement et de la qualification des institutrices se pose de façon cruciale à cette époque : beaucoup de places d’institutrices, dans les écoles publiques, sont tenues par des institutrices congréganistes. Ceci pose problème pour la mise en place d’un enseignement laïque, mais aussi pour le niveau de qualification de ces institutrices qui laisse à désirer.

Dans toutes les communes de France, les municipalités construisent en hâte de nouvelles écoles, plus spacieuses, mieux conçues et mettent fin aux baux de location qu’ils avaient signés pour loger, de façon peu confortable, maîtres et élèves dans des locaux peu adaptés. Dans les petits villages, on construit souvent une nouvelle mairie en même temps que l'école. Dans le cas de Villeurbanne, il faut aussi répondre à la croissance de la population et construire de nouveaux groupes scolaires :

1881 : 11 000 habitants

1886 : 14 715 habitants

1891 : 17 940 habitants

Cet effort de construction ne peut se faire qu’avec l’aide de l’État et des départements qui subventionnent les communes, comme le note Jean-Marie Dedieu.

L’école de Cusset dont il est question dans ce texte est l’actuel groupe scolaire Ernest Renan.

Les trois quartiers bien urbanisés de Villeurbanne : Cusset, Charpennes et Maisons-Neuves sont donc concernés par ces constructions.

L’effort et l’engagement de la municipalité en faveur de l’école laïque est important à Villeurbanne. Pendant toute la période 1880-1900, les écoles congréganistes se voient refuser toute aide.

La politique municipale ne concerne pas seulement les constructions scolaires. Pour favoriser l’instruction populaire à l’école et en dehors de l’école, sont créées des bibliothèques scolaires.