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Découverte

 

Naissance et croissance de la ville - Les inondations : dompter le Rhône pour urbaniser.

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Inondation de 1896 à Villeurbanne. Reproduction d'après plaque de verre, 1896, Archives départementales du Rhône, 156 J 395/61

Le danger des inondations est récurrent sur tout le territoire proche de Lyon et surtout sur l’est lyonnais.

Depuis l’Antiquité, la Saône et le Rhône ont souvent débordé de leur lit. L’est de la ville de Lyon est constitué de terres basses, marécageuses et inondables. L’aménagement du quartier des Brotteaux ne sera possible, au XIXe siècle, qu’avec la construction d’une digue qui doit protéger la zone des débordements du Rhône.

Le quartier de Cusset qui constitue le cœur de la commune au début du XIXe siècle, est construit sur une terrasse alluviale surélevée.

Pendant tout le XIXe siècle et le début du XXe siècle, l’urbanisation de la rive gauche du Rhône n’est possible que par de grands travaux destinés à protéger des inondations la zone et tout un réseau de digues.

Sur le territoire de Villeurbanne, Rhône et Rize sortent régulièrement de leur lit.

L’inondation la plus célèbre est celle de 1856 qui ravage la ville de Lyon et ses alentours : la Guillotière est complètement submergée, et à Villeurbanne, la Doua aussi. La digue de 1837 destinée à protéger les Brotteaux et la Tête d’Or est rompue brutalement. Les maisons des Charpennes en pisé s’écroulent. Les dégâts sont si importants que l’Empereur Napoléon III se déplace à Lyon pour assurer aux sinistrés son soutien.

D’autres inondations ravagent certaines parties du territoire villeurbannais. Les photographies de 1896 montrent l’une des inondations qui a perturbé la construction du canal de Jonage et de l’usine de Cusset.

Les terrains de La Doua et la proximité du parc de la Tête d’Or sont longtemps le cadre d’inondations brusques et dangereuses. Pour exemple, celle du 6 novembre 1922 relatée dans un article de La Vie lyonnaise, journal local :

 « Les eaux du Rhône envahissent le Grand Camp.

Le Grand Camp a l’habitude des inondations, mais celle de ces jours a pris des proportions inusitées, non que le Rhône ait battu ses précédents records d’altitude, mais, profitant des tranchées creusées pour le raccordement des puits filtrants à l’usine des Eaux, il franchit la digue (…) par dessous, inondant la plaine, envahit les abords de l’hippodrome, noya les courts du Tennis-club et pénétra dans le Parc de la Tête d’Or.

On édifia à la hâte des barrages de sacs à terre à l’entrée des rues menacées par l’inondation ; on entreprit la construction d’une levée de terre pour endiguer ce flux d’infiltration.

Les autorités compétentes (…) et responsables n’étaient à dire vrai, qu’à demi rassurées lorsque la décrue, qui se produisit dans l’après-midi du 6, vint heureusement calmer les inquiétudes.

Le 7 au matin, les eaux avaient abandonné le Parc et l’avenue de l’Hippodrome. » 

 La Vie Lyonnaise, 11 novembre 1922, n°113, page 2, AMV.