LE PALAIS DU TRAVAIL

Couverture du catalogue d'exposition, 2011. Le Rize.

Le Palais du travail est le premier élément du projet de nouveau centre urbain, qui se réalisera progressivement jusqu’en 1934, pour devenir le quartier des Gratte-ciel. Projet politique et architectural, cette utopie en actes de l’entre-deux-guerres est l’œuvre d’un maire socialiste, Lazare Goujon, engagé dans l’Association des maires de France et la Fédération des municipalités socialistes - mouvements qui, à l’échelle nationale comme européenne, confrontent expériences et manières de penser le gouvernement des villes. Conçu par un architecte alors inconnu, Morice Leroux, le Palais du travail est un bâtiment multifonctionnel. Il regroupe plusieurs espaces entièrement dédiés aux travailleurs : dispensaire d’hygiène, brasserie, cercle coopératif, piscine, salles de spectacles et de réunions... La venue de Roger Planchon en 1957 renoue en partie avec le projet d’éducation sociale et populaire de Lazare Goujon. Le théâtre de la ville devient sous sa direction «Théâtre de la Cité» puis, en 1972, «Théâtre national populaire» (TNP). Masquée par le monumentalisme des Gratte-ciel, fragmentée dans ses usages, recouverte par la renommée du TNP, la mémoire enfouie du Palais du travail mérite d’être remise en lumière. La relecture historique proposée dans cette exposition éclaire la réfexion sur des questions toujours vives : comment l’architecture et l’urbanisme peuvent-ils agir sur la transformation des rapports sociaux? Qu’est-ce qu’une politique culturelle populaire ?