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Les affiches de la Guerre d'Espagne

23 affiches au graphisme remarquable, en espagnol ou catalan, datant des années 1936-1937, extraites des archives de la ville de Villeurbanne.

Alain Bujard, secrétaire de l'Institut CGT d'Histoire sociale Rhône Alpes

Quelle origine ?

La ville de Villeurbanne est alors une commune ouvrière, à direction communiste depuis mai 1935. Sa situation géographique en fait le carrefour par lequel passent de nombreux volontaires pour les Brigades Internationales, étrangers ou français.  Il semble même qu'un véritable bureau d'accueil ait fonctionné dans les locaux de la Mairie, qui pratique une solidarité agissante avec l'Espagne Républicaine : collectes alimentaires, vestimentaires ou d'argent sont fréquentes dans la ville, voire sous son impulsion, dans la région lyonnaise.

La propagande en faveur de l'Espagne Républicaine est sans relâche, comme en témoigne le quotidien régional du parti communiste La Voix du Peuple. Les élus municipaux montrent l'exemple, et plusieurs d'entre eux partiront combattre dans les Brigades Internationales. Leur implication dans le combat, mais aussi la nécessité de renforcer la propagande, ont pu faire éclore l'idée d'expédier à Villeurbanne cette vingtaine d'affiches.

Cependant, l’histoire de ce fonds documentaire unique, conservé jusqu’à nos jours dans sa fraîcheur intacte après quatre-vingts ans de sommeil dans les cartons des archives de la ville,  reste encore une énigme…

Quel graphisme ?

L’entre-deux-guerres est une période particulièrement féconde pour ce qui est de la propagande par l’affiche et l’influence des graphistes de la Révolution russe est assez perceptible. Les affiches républicaines font preuve d’une très grande inventivité face à celles, très classiques, des forces franquistes. Elles sont les œuvres de graphistes réputés, comme Garay, Melendreras, Pedrero, Briones, Cabana, Contreras, Friedfeld, Marti Bas, Renau ou Canavete. On évalue à plus de 3 500 le nombre d’affiches produites du côté républicain.

Quel message ?

Les commanditaires sont aussi bien gouvernementaux, régionaux, syndicaux que politiques. Tous appellent à la vigilance, à la défense de la République dans tous les domaines : production, scolarité, santé, services, etc.

Les thèmes de ces 23 affiches concernent toutes les catégories de la population espagnole.

Le message en direction des paysans est clair : leur travail est aussi nécessaire à la République que l’engagement des combattants. Si les paysans constituent la majorité du peuple espagnol, la propagande n’en néglige pas pour autant les autres catégories de citoyens.

Les jeunes de la Juventud Socialista Unificada (Union des Jeunesses socialistes et communistes) ne sont pas en reste. Ils prennent leur part dans la lutte qui oppose les républicains et plus particulièrement les communistes espagnols au POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) considéré comme trotskyste.

 La publicité pour encourager la lecture de la presse est un thème de choix.

 Mais la guerre est omniprésente et les affiches en forme d’appel à l’engagement pour la République se multiplient.

La reconstitution d’une armée républicaine n’est pas simple, compte tenu de la multiplication des milices organisées par les divers partis ou syndicats. Le cinquième régiment (el quinto regimiento) organisé par le parti communiste est une vraie structure militaire. Mais à l’autre bout de l’échiquier des forces républicaines, les colonnes anarchistes mènent leur propre combat, non dépourvu d’héroïsme ni de gloire. De nombreuses anecdotes rapportent que les milices avaient tendance à considérer que les armes leur appartenaient, au front comme ailleurs.

 Et bien sûr, Madrid reste l’emblème de cette guerre d’Espagne. Si le combat pour Madrid mobilise toute l’Espagne républicaine et provoque un vaste mouvement de solidarité internationale, le monde entier retentit du mot d’ordre que lance La Pasionaria Dolores Ibárruri Gómez, député communiste des Asturies, ¡No Pasarán!

 Début octobre, la Junte de défense organise l’évacuation de Madrid. Près de 15 000 habitants sont évacués chaque semaine. Fin novembre 1937, Franco n’a pas réussi à prendre la ville. Pendant le mois de décembre, il réorganise ses troupes, travaille à l’encerclement de la capitale, avant de relancer l’offensive en janvier. Mais Madrid ne tombera pas.

 Le Président de la République Manuel Azaňa lui rend hommage, à Valence, le 21 janvier 1937. L’héroïque défense de Madrid soulève admiration et solidarité dans le monde entier.

Ce n’est que le 28 mars 1939 que Madrid est occupée, la guerre est alors finie. Sa résistance est entrée dans la légende. ¡No pasarán! : de fait, ils ne sont pas passés.

 

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