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Coexister: signes visibles et ostensibles

Maison de retraite juive Beth Séva © Bruno Amsellem

Le port de signes religieux visibles fait l’objet d’un vif débat politique dans la société française depuis le début des années 1990. Six ans après la loi de 2004 qui interdisait dans les établissements scolaires « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse »,  est promulguée en 2010 la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, selon le principe que « La République se vit à visage découvert ». Alors que le port de la burqa ou du niqab ne concerne qu'une infime minorité de femmes (2 000, selon le Ministère de l’Intérieur, à comparer aux 5 millions de musulmans français), cette loi a eu pour effet de renforcer les représentations négatives et la peur de l’islam en France.

Cette pratique du vêtement ostensible est également l'un des indices de la présence de la population juive de Villeurbanne. Elle est rendue visible dans l’espace public par des pratiques vestimentaires distinctives et par les allées et venues dans le quartier, entre lieux d’habitation et lieux de cultes, rythmées par le temps religieux : heures de prière à la synagogue, promenade les jours de shabbat (qui impose, entre autres prescriptions, de se déplacer uniquement à pied).

Mais si pour le regard extérieur, il s’en dégage une impression d’unité apparente, les choix individuels liés aux vêtements, aux cheveux ou au port de la barbe reflètent les multiples interprétations d’une même loi, selon plusieurs degrés de pratique ou d’appartenance à différents courants religieux, qui conduisent à diverses manières de vivre son identité religieuse.