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Mourir à la guerre - La guerre de Joseph Delille

Monument aux morts de la guerre de 1914-1918. Photo : A. Ogier

Monument aux morts de la guerre de 1914-1918. Photo : A. Ogier

Reconstituer la guerre d’un poilu villeurbannais.
On peut se livrer facilement à une véritable enquête historique qui va passionner les élèves et les transformer en véritables apprentis historiens. Il est possible de partir de la liste des soldats morts dont le nom est inscrit sur le monument aux morts de Villeurbanne. Nous avons ici choisi Joseph Delille. Les archives municipales disposent d’une fiche pour chacun des hommes inscrits sur le monument aux morts. Elles ont été rédigées au moment où les autorités militaires préviennent le maire du décès d’un de ses administrés. C’est à lui qu’échoit la difficile tâche d’avertir la famille. Cette fiche comprend donc des renseignements sur le soldat : date et lieu du décès, régiment, adresse, situation familiale, profession. On peut compléter par une recherche sur le site du Ministère de la Défense, en particuliers sur le site Mémoire des Hommes : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=1
On y trouve une base de données des 1 300 000 soldats de la Première Guerre mondiale ayant obtenu la mention « Mort pour la France » et donc qui doivent en principe être inscrits sur le monument aux morts de leur commune de résidence. La fiche trouvée donne quelques renseignements supplémentaires : plus de précisions sur le régiment et le lieu de décès, le grade, et aussi le numéro matricule au recrutement.
Le registre matricule au recrutement est disponible sur le site des Archives Départementales du Rhône (http://archives.rhone.fr/ #recherche_militaire). Elle nous permet encore de mieux connaître notre poilu. Cette page est ouverte à l’âge de 20 ans, lorsque notre conscrit passe en Conseil de Révision. Elle est mise à jour à chaque événement de sa carrière militaire. Elle comprend aussi ses adresses successives, sa profession pendant toute la période de sa vie pendant laquelle l’armée doit pouvoir le mobiliser soit entre 20 et 45 ans. On y trouve aussi des renseignements sur son aspect physique (taille, couleur des yeux, des cheveux) et éventuellement ses condamnations militaires et civiles. Ainsi, ici nous apprenons que Joseph Delille est passé en Conseil de guerre en 1917 pour désertion et a été condamné à un an de prison avec sursis pour « circonstances atténuantes admises ». Il est donc l’un des mutins de 1917.
Le journal de régiment tenu à jour de façon précise par le commandement de celui-ci est consultable sur le site « Mémoire des Hommes ». On y trouve toute la guerre du régiment : déplacement, détail des opérations mètre par mètre avec les lieux indiqués de façon précise. Tout cela est noté par les officiers qui ont parfois la tentation de masquer certains événements (conflits, révoltes) pour ne pas que l’état-major soit mis au courant. Il faut donc, comme pour toute source historique, avoir une attitude critique. Mais, dans le cas de Joseph, en plus des zones du front où il a combattu, on y trouve, le jour de sa mort, des vraisemblables précisions sur les circonstances de son décès : un obus de 240 a éclaté, tuant 5 hommes. Joseph était peut-être l’un d’eux. Pour arriver à ce récit de vie, il est indispensable de croiser toutes ces sources. Les soldats décédés au front sont souvent inhumés dans les cimetières militaires sur le champ de bataille. S’ils ont été identifiés, leur nom figure sur la tombe. Un certain nombre d’entre eux, si la famille le souhaitait, à pu être rapatrié dans leur commune de résidence aux frais de l’État. Ainsi, le cimetière de Villeurbanne dispose d’un carré où 110 soldats, inscrits sur le monument aux morts de la commune, sont enterrés. Un certain nombre d’entre eux est aussi inhumé à la Nécropole nationale de la Doua, c’est le cas de Joseph Delille. Le renseignement figure sur le site « Mémoire des Hommes » avec indication du carré, de l’emplacement précis.

1. Pour Joseph Delille. (http://archives.rhone.fr/ark:/28729/a011400255414DjJm9P/1/1)

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