Une identité de ville engagée

Affiche de l’inauguration du quartier des Gratte-ciel, juin juillet 1934 AMV – Le Rize

« Villeurbanne. En latin Villa Urbana, la villa accolée à la ville. En son nom tout est dit. Villeurbanne a été et est encore une « ville urbaine », un satellite de Lyon. Si proche de sa grande voisine, que seule une frontière invisible l’en sépare. Une frontière si ténue qu’elle sinue à travers les immeubles, juchant des magasins et des appartements à cheval sur les deux territoires. Pourtant, cette frontière a fait de Villeurbanne une cité à nulle autre pareille. Elle ressemble à une banlieue mais n’en fut jamais une. Au cours de son histoire, Villeurbanne a toujours échappé aux pouvoirs policier, judiciaire et administratif de Lyon, constituant un lieu hors du « ban » - hors du pouvoir seigneurial de sa ville centre. Vous ne trouverez aucun cas similaire sur le territoire de la France ; celui de Villeurbanne est unique. Toutes les grandes villes de notre pays ont veillé à contrôler leurs abords, quand elles ne les ont pas annexés purement et simplement. Mais le couple Lyon-Villeurbanne échappe à la règle, car la ligne qui les sépare fut longtemps une frontière internationale, puis provinciale, et enfin départementale. De ce fait, Villeurbanne s’est construite, certes avec Lyon, mais aussi à part de Lyon, avec sa personnalité propre et veillant jalousement à son indépendance. Grâce à cette frontière, ce qui n’était pas possible à Lyon le devenait à Villeurbanne : en la franchissant, les opprimés réécrivaient l’avenir ; en la défendant, les hommes politiques réalisaient leurs utopies. »