Une « maison » commune

La mairie, présente au coeur de chaque ville et village de France, est à la fois l’étendard de la République et le trait d’union entre les citoyens et l’État. Depuis la Révolution française, elle incarne la primauté du pouvoir politique sur les pouvoirs économiques et spirituels. Son architecture permet d’ausculter les évolutions du sentiment républicain au cours des deux derniers siècles. Les grandes lois de la Troisième République obligent en 1884 les communes, en même temps qu’elles les autorisent à élire librement leur maire, à disposer d’un bâtiment spécifique qui doit être rigoureusement indépendant du logement du maire ou de l’instituteur. Par contre aucune mention légale ne concerne les inscriptions de façade ou la décoration intérieure : les législateurs, dans une République qui cherche encore largement à s’imposer en tant que régime durable, savaient que de telles obligations auraient provoqué de nombreux conflits.