« La classe ouvrière n’est plus ce qu’elle n’a jamais été »

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La formule est de Roger Cornu, sociologue, qui explique que la classe ouvrière a été beaucoup étudiée mais de façon partielle : on s’est beaucoup intéressé par exemple aux ouvriers travaillant à la chaîne dans l’industrie automobile, mais peu à ceux qui travaillent aux ateliers de réparation. Peu de travaux ont été consacrés aux ouvriers du secteur public ou à d’autres caractéristiques du groupe ouvrier comme l’éloignement de la culture intellectuelle dominante et la moindre adaptation de leurs enfants au système scolaire.

Roger Cornu évoque les préjugés qui jalonnent l’histoire ouvrière : « Au 19e siècle, l’ouvrier, c’était le barbare. Puis, début 20e on a commencé à le considérer comme un grand enfant à qui il fallait apporter la connaissance. Après-guerre, on l’a associé au modèle de la classe messianique qui devait faire la révolution. Et ces derniers temps, on est sur le parallèle ouvrier et Front national. De tout temps, la classe ouvrière a été vue par le prisme déformant d’orientations idéologiques ».